Je m'appelle Jeanne j'ai la cinquantaine, il y a trois ans notre fils le jour de son anniveraire (30 ans) m'a dit qu'il allait vivre avec un copain. Depuis plusieurs années je le pressentais et j'essayais de lui tendre la perche pour qu'il se dévoile. Je lui ai dit que je n'aurais pas souhaitée cela pour lui et lui m'a dit : "moi non plus". Il souhaitait que je mette au courant son père car il n'osait pas. J'ai tout de suite pensé à un grave conflit dans notre famille voir une rupture car je savais ce que mon mari pensait de l'homosexualité !
J'ai attendu après le week-end, le départ de mon fils et des invités, pour l'annoncer à mon mari qui m'a dit qu'il s'en doutait depuis longtemps et que c'est pour cette raison qu'il ne parlait plus de futurs petits enfants. Tout ceci en fait s'est déroulé dans les larmes... J'ai toujours respecté les homosexuels, j'en connais mais lorsque cela vous touche de si près, vous vous sentez coupable de la vie difficile de votre enfant dans un monde homophobe.
Je me suis faite aider par un psy pour essayer d'y voir clair, je ne me sens plus coupable mais responsable et dans l'obligation d'être heureuse pour ne pas ajouter une ombre à la vie de mon fils. Je sais qu'il est né comme cela, mais mon mari pense qu'il s'agit d'un choix, il le respecte mais n'est pas d'accord. Il dit qu'il n'a pas su en tant que père lui donner le goût de fonder un foyer.
Très peu d'intimes sont au courant autour de nous, les gens les plus ouverts. Je ne me sens pas prête à entendre des choses désagréables envers mon fils et je pense qu'il s'agit de son intimité et que cela ne regarde personne, ce n'est pas toujours facile dans les conversations, pour les invitations, etc... Mais je crois que si l'on a mon mari et moi d'excellents rapports avec notre fils et son copain, la question des petits enfants est une blessure profonde et restera une blessure toute notre vie, surtout à notre âge ou les naissances s'annoncent de partout...
Jeanne, 53 ans